Un relief sur bois provenant de l'Oflag IID
Tête du Christ couronné d’épines, sculpture sur bois, 15 x 12,5 cm, mai 1941, recto, coll. particulière, Aniche – Photo : 19 août 2025.
A l’armistice du 22 juin 1940, 1 800 000 combattants français sont faits prisonniers. Entassés dans des wagons à bestiaux, plus d’un million d’entre eux sont acheminés vers l’Allemagne de l’Est : les soldats allant dans des Stalags (Kriegsgefangenen stammlager, « camp de prisonniers de guerre ») et les officiers dans des Oflags (Offizierslager, « camp d'officiers »). Ces Oflags étaient désignés par un chiffre romain correspondant à la région de rattachement et par une lettre pour les différencier lorsqu'il y en avait plusieurs dans la même région.
Dans ces camps, les conditions de détention respectaient les Conventions de Genève. Des inspections de la Croix-Rouge internationale avaient d’ailleurs lieu. Parmi ces camps, celui situé dans l’actuelle ville fantôme de Pologne Kłomino et ouvert en 1939 nous intéresse plus particulièrement puisque l’objet ici photographié a été réalisé en cet endroit.
Tête du Christ couronné d’épines, sculpture sur bois, 15 x 12,5 cm, mai 1941, recto et verso., coll. particulière, Aniche – Photos : 19 août 2025.
Désigné Oflag IID, ce camp a accueilli des militaires et civils polonais, des officiers français de juin 1940 à mai 1942, des Russes, et, à la fin du conflit, des prisonniers de guerre allemands. Ces captifs seront transférés en mai 1942 à l’Oflag IIB situé dans l’actuelle ville polonaise Choszczno.
L’objet que j’ai trouvé récemment est un relief sur bois (15 x 12,5 cm) représentant la tête de profil du Christ couronné d’épines. Ce portrait religieux est signé en bas à droite A. B. Au verso, on peut lire ceci : « A Beeloc Oflag IID Mai 1941 – A monsieur Vinche souvenir de captivité ». Si je n’ai rien trouvé sur l’auteur de ce bois sculpté, je pense que ce « monsieur Vinche » était le lieutenant Henri Vinche (né à Lille le 14 décembre 1889) ayant servi dans le 118e Régiment d’Infanterie recréé le 30 mai 1940, rattaché à la 236e division légère d'infanterie commandée par le général Agathon Deligne (1890-1961) et anéanti trois semaines plus tard.
Extrait de la "Liste officielle n°99 de prisonniers français d’après les renseignements fournis par l’Autorité militaire allemande", 10 juin 1941, Centre National d’Information sur les prisonniers de guerre, Paris.
Le 29 janvier 1945, sous la menace de l’avancée de l’armée soviétique, les Allemands forcèrent les prisonniers à fuir vers l’ouest avec eux, débutant une marche de 500 kilomètres jusqu’à Bergen et Soest où ils furent libérés par les forces alliées en mai 1945.
Texte et photos : MG - 19 août 2025.