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ABSCON : une paroisse dans la tourmente révolutionnaire

Publié le par MG

16 mai 1759 : Abscon est placé dans la châtellenie de Bouchain.

16 mai 1759 : Abscon est placé dans la châtellenie de Bouchain.

Après l’échec des tentatives de paix de Louis XIV, les combats de la guerre de Succession d’Espagne se poursuivent dans la région comprise entre l’Escaut et la Sambre. Constatant l’étirement excessif des lignes austro-hollandaises et le manque de cohésion de leurs forces, le maréchal Claude-Louis-Hector de Villars (1653-1734) engage la bataille de Denain le 24 juillet 1712. Cette victoire française contribue à rétablir la situation militaire du royaume et conduit, l’année suivante, à la signature des traités de paix d’Utrecht.

Abscon subit directement les conséquences du conflit. Les armées traversent à plusieurs reprises le territoire communal et y prennent position, occasionnant des difficultés pour la population.

Le 16 septembre 1734 apparaît dans les registres paroissiaux le nom de Michel François Joseph Poulain, curé de la paroisse depuis quinze jours. Les archives ne permettent pas de connaître précisément son action pastorale ni les travaux qu’il entreprit au sein de la communauté. Il décède le 20 août 1753, vers l’âge de quarante-neuf ans, et est inhumé dans le chœur de l’église Saint-Brice.

« Abscon et ses environs », extrait de la Carte générale de la France établie sous la direction de César-François Cassini de Thury entre 1756 et 1815, Bibliothèque nationale de France, Paris.

« Abscon et ses environs », extrait de la Carte générale de la France établie sous la direction de César-François Cassini de Thury entre 1756 et 1815, Bibliothèque nationale de France, Paris.

Son successeur, le curé Debret, exerce son ministère de 1753 à mai 1754. Aucun document conservé ne permet d’apprécier son activité. Il est remplacé par Nicolas Mathon, originaire de Sailly-en-Ostrevent, qui demeure en fonction jusqu’en 1777. Les comptes de la fabrique paroissiale montrent qu’il s’attache rapidement à la restauration de l’église et à l’entretien des bâtiments religieux. En 1755, le mur du cimetière est reconstruit. En 1759, la paroisse acquiert un remarquable ciboire en argent, conservé pendant de nombreuses années. Les travaux d’amélioration et de restauration se poursuivent au cours des décennies suivantes. Le 16 mai de la même année, Abscon, Erre et Marquette sont réunis, par convention, à la châtellenie de Bouchain afin de faciliter l’administration des Intendants du Roi.

Chanoine Adrien Bontemps, Liste des curés des paroisses du diocèse actuel de Cambrai (1927) antérieurement à la Révolution, tome XXV du recueil de la Société d’Etudes de la Province de Cambrai, Société Saint-Augustin, Desclée, de Brouwer & Cie, Lille, février 1928.

Chanoine Adrien Bontemps, Liste des curés des paroisses du diocèse actuel de Cambrai (1927) antérieurement à la Révolution, tome XXV du recueil de la Société d’Etudes de la Province de Cambrai, Société Saint-Augustin, Desclée, de Brouwer & Cie, Lille, février 1928.

À la fin du XVIIIe siècle, la Révolution française bouleverse profondément l’organisation religieuse du pays. Après avoir mis les biens du clergé à la disposition de la Nation, l’Assemblée nationale décrète, le 13 février 1790, la suppression des ordres religieux et des couvents. Cette décision marque la fin de l’abbaye de Marchiennes, présente dans la région depuis plus de onze siècles.

Le 26 mars 1790, en application des décrets révolutionnaires, le maire de Marchiennes, accompagné des officiers municipaux et du procureur d’office, procède à l’inventaire des biens de l’abbaye. Les titres de la seigneurie d’Abscon, conservés chez Dom Jacques Mercier, sont alors recensés. Les terres et les fermes dépendant de cette seigneurie sont vendues peu après par le district de Douai. Les religieux sont expulsés et les biens ecclésiastiques progressivement aliénés.

La même année, l’Assemblée nationale adopte la Constitution civile du clergé, qui réorganise l’Église de France. Jusqu’alors rattachée à l’évêché d’Arras, la paroisse d’Abscon est intégrée au diocèse de Cambrai, dont les limites correspondent désormais à celles du département du Nord.

Les transformations révolutionnaires touchent également la commune. Dans les cahiers de doléances des habitants figure notamment la demande que « les décimateurs et les collecteurs seront obligés à la reconstruction et la réparation des églises ». L’église paroissiale subit des dégradations importantes durant cette période troublée, tandis qu’une partie du clergé et des fidèles s’efforce de maintenir la pratique religieuse.

Le 8 janvier 1790, Abscon devient une commune du district de Valenciennes. En 1791, Pierre-Philippe Morel exerce encore les fonctions de curé. Refusant de prêter le serment exigé par la Constitution civile du clergé, qu’il estime contraire à sa conscience, il est suspendu de ses fonctions pastorales. Dans une déclaration rédigée après les événements, il indique avoir été écarté de son ministère du 4 juin 1791 au 1er août 1793, date à laquelle il reprend ses fonctions. Florent Damase Havet lui succède temporairement.

À l’échelle nationale, la Convention nationale remplace l’Assemblée législative le 20 septembre 1792. Louis XVI est exécuté le 21 janvier 1793. La période de la Terreur s’accompagne d’une forte répression politique et d’une politique de déchristianisation. Dans le Nord, le représentant en mission Joseph Le Bon (1765-1795), membre du Directoire du département du Nord du 11 octobre 1792 au 1er juillet 1793, exerce une influence considérable. Face à ce contexte, le curé Morel s’éloigne temporairement de la paroisse.

Entre 1794 et 1796, les sources locales demeurent rares, ce qui rend difficile la reconstitution précise de la vie religieuse et communale. Plusieurs familles notables d’Abscon, notamment les Guillemot, Taquet et Hubersart, se réfugient provisoirement en Belgique. Les archives ne signalent toutefois aucune condamnation à mort d’habitants de la commune durant cette période.

Les registres paroissiaux conservés attestent néanmoins de la présence de nombreuses familles absconnaises en 1796. Quatre ans plus tard, la commune compte 425 habitants.

« Cahier des doléances des habitants du village d’Abscons (Baillage de Douai). » In Archives Parlementaires de 1787 à 1860 - Première série (1787-1799) sous la direction d’Emile Laurent et Jérôme Mavidal. Tome III - Etats généraux 1789 ; Cahiers des sénéchaussées et bailliages. Paris : Librairie Administrative P. Dupont, 1879. pp. 223-224.« Cahier des doléances des habitants du village d’Abscons (Baillage de Douai). » In Archives Parlementaires de 1787 à 1860 - Première série (1787-1799) sous la direction d’Emile Laurent et Jérôme Mavidal. Tome III - Etats généraux 1789 ; Cahiers des sénéchaussées et bailliages. Paris : Librairie Administrative P. Dupont, 1879. pp. 223-224.« Cahier des doléances des habitants du village d’Abscons (Baillage de Douai). » In Archives Parlementaires de 1787 à 1860 - Première série (1787-1799) sous la direction d’Emile Laurent et Jérôme Mavidal. Tome III - Etats généraux 1789 ; Cahiers des sénéchaussées et bailliages. Paris : Librairie Administrative P. Dupont, 1879. pp. 223-224.

« Cahier des doléances des habitants du village d’Abscons (Baillage de Douai). » In Archives Parlementaires de 1787 à 1860 - Première série (1787-1799) sous la direction d’Emile Laurent et Jérôme Mavidal. Tome III - Etats généraux 1789 ; Cahiers des sénéchaussées et bailliages. Paris : Librairie Administrative P. Dupont, 1879. pp. 223-224.

À partir de 1801, le Consulat de Napoléon Bonaparte met progressivement fin aux troubles révolutionnaires. Le Concordat conclu avec le pape Pie VII en 1801, appliqué à partir de 1802, rétablit les relations entre l’État français et l’Église catholique. Les lieux de culte rouvrent progressivement et l’organisation diocésaine est réorganisée, marquant le retour à une situation religieuse plus stable.

Texte : MG - 12 juin 2026.

ABSCON : une paroisse dans la tourmente révolutionnaire
L’église Saint-Brice sera reconstruite en 1894 et détruite à nouveau 84 ans plus tard. Pourtant, beaucoup s'en souviennent encore. Carte postale colorisée datant de 1905.

L’église Saint-Brice sera reconstruite en 1894 et détruite à nouveau 84 ans plus tard. Pourtant, beaucoup s'en souviennent encore. Carte postale colorisée datant de 1905.

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