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ANICHE : les anciennes écoles du quartier de la Verrerie d’En-Haut

Publié le par MG

Ancienne école maternelle quartier de la Verrerie d’En-Haut aujourd’hui désaffectée. Photo : MG - 26 août 2015.

Ancienne école maternelle quartier de la Verrerie d’En-Haut aujourd’hui désaffectée. Photo : MG - 26 août 2015.

En 1885, Aniche compte 6 253 habitants. Parmi les quartiers les plus éloignés du centre-ville figure celui de la Verrerie d'en Haut, cité ouvrière organisée autour de l'activité verrière lancée en 1822-1823 par les industriels belges Adrien Drion (1792-1862) et Eugène-François de Dorlodot (1783-1869). Le hameau compte alors environ 1 100 habitants, dont quelque 180 enfants âgés de deux à sept ans.

Pour ces jeunes enfants, l'accès à l'instruction constitue un problème : rejoindre les établissements du centre d'Aniche suppose de parcourir près de deux kilomètres à pied. Dans une ville en pleine croissance industrielle, où une importante population ouvrière vit à proximité des usines, cette distance représente un obstacle pour les plus petits.

Cette situation s'inscrit dans un contexte national de transformation de l'accueil de la petite enfance. Héritées du début du XIXe siècle, les anciennes salles d'asile, structures à vocation davantage sociale que pédagogique, sont réorganisées par la loi du 16 juin 1881 puis par le décret du 2 août 1881, qui instituent l'école maternelle publique et gratuite, chargée d'assurer aux enfants les soins nécessaires à leur développement physique, moral et intellectuel. C'est dans ce mouvement de création d'écoles maternelles au plus près des populations ouvrières que s'inscrit le projet d'Aniche.

L’école maternelle du quartier de la Verrerie d’En-Haut au début du XXe siècle.

L’école maternelle du quartier de la Verrerie d’En-Haut au début du XXe siècle.

La création d'un établissement scolaire directement dans le quartier apparaît alors comme une nécessité. Entre 1889 et 1891, une école maternelle est construite sur un terrain donnant sur une portion de l'ancienne route nationale 43, actuelle D943, reliant Douai à Bouchain.

Avec l'ouverture d'établissements maternels mieux adaptés aux nouvelles exigences pédagogiques et la réorganisation de la carte scolaire, l'établissement cesse de remplir sa fonction initiale. Intégré au réseau de l'enseignement élémentaire et rattaché au groupe scolaire Maxime-Quévy, il continue néanmoins d'accueillir des générations d'écoliers, ses locaux abritant deux classes de cours préparatoire.

Michaël Grabarczyk ; à l’arrière plan à gauche, Laurence Watelle et, à droite, Sandrine Woitrain, cours préparatoire d’Emile Candelier (1935-2022), école du quartier de la Verrerie d’En-Haut rattachée au groupe scolaire Maxime-Quévy, année scolaire 1977-1978.

Michaël Grabarczyk ; à l’arrière plan à gauche, Laurence Watelle et, à droite, Sandrine Woitrain, cours préparatoire d’Emile Candelier (1935-2022), école du quartier de la Verrerie d’En-Haut rattachée au groupe scolaire Maxime-Quévy, année scolaire 1977-1978.

L'inauguration, le 8 octobre 2016, d'une nouvelle structure scolaire Maxime-Quévy plus vaste entraîne la désaffectation du bâtiment, ensuite occupé par l'Harmonie municipale pour ses répétitions. Aujourd'hui laissé à l'abandon, gagné par la végétation et menacé par la mérule, il est appelé à disparaître dans le cadre d'un projet d'aménagement prévoyant son remplacement par un parking.

Répétition de l’Harmonie municipale d’Aniche dans la cour de l’ancienne école maternelle du quartier de la Verrerie d’En-Haut. Photos :  MG - 20 juin 2017 et 6 juin 2018.Répétition de l’Harmonie municipale d’Aniche dans la cour de l’ancienne école maternelle du quartier de la Verrerie d’En-Haut. Photos :  MG - 20 juin 2017 et 6 juin 2018.

Répétition de l’Harmonie municipale d’Aniche dans la cour de l’ancienne école maternelle du quartier de la Verrerie d’En-Haut. Photos : MG - 20 juin 2017 et 6 juin 2018.

Ancienne école maternelle quartier de la Verrerie d’En-Haut aujourd’hui désaffectée. Photos : MG -17 août 2026.Ancienne école maternelle quartier de la Verrerie d’En-Haut aujourd’hui désaffectée. Photos : MG -17 août 2026.
Ancienne école maternelle quartier de la Verrerie d’En-Haut aujourd’hui désaffectée. Photos : MG -17 août 2026.Ancienne école maternelle quartier de la Verrerie d’En-Haut aujourd’hui désaffectée. Photos : MG -17 août 2026.

Ancienne école maternelle quartier de la Verrerie d’En-Haut aujourd’hui désaffectée. Photos : MG -17 août 2026.

En face de cette école maternelle se trouvait une école de filles, édifiée entre 1902 et 1904, qui accueillait environ 80 élèves. Elle a complété l'offre scolaire du quartier en recevant ensuite les élèves – garçons et filles - des deux années de cours élémentaire. Le bâtiment abrite aujourd'hui le Secours populaire et, à l'étage, l'association L'Étoile du Nord, qui entretient la mémoire du monde ferroviaire à travers le maquettisme.

Ancienne école des filles du quartier de la Verrerie d’En-Haut abritant aujourd’hui le Secours populaire et L’Etoile du Nord. Photo : MG - 17 août 2026.

Ancienne école des filles du quartier de la Verrerie d’En-Haut abritant aujourd’hui le Secours populaire et L’Etoile du Nord. Photo : MG - 17 août 2026.

Les deux établissements, bâtis à quelques années d'écart pour répondre aux mêmes besoins d'un quartier ouvrier, connaissent ainsi des destins opposés : l'un reconverti et toujours habité, l'autre voué à la démolition. La disparition programmée de l'école maternelle effacera du paysage urbain l'un des derniers témoins matériels de la vie quotidienne d'un quartier façonné par l'industrie verrière — une mémoire que continuent de porter les associations locales et le Centre de Mémoire de la Verrerie d'en Haut, installé dans l'ancienne centrale électrique de Saint-Gobain.

Texte : MG – 18 août 2026.

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