ANICHE : les rues n’étaient pas sûres ce samedi soir
La peur naît parfois d’un rien : un craquement dans la nuit, une ombre qui glisse sur un mur, un souffle derrière une porte close. Tout devient alors suspect. Les objets familiers prennent des formes étranges, les bruits les plus banals passent pour des menaces. On écoute, on retient sa respiration, on cherche dans le noir ce qu’on redoute d’y trouver.
Le cœur s’emballe, les mains deviennent moites, et l’esprit, que plus rien ne retient, imagine le pire. Car le plus effrayant n’est peut-être pas de voir surgir un monstre, mais de sentir, sans savoir pourquoi, qu’il est déjà là, tout près, tapi dans l’ombre, à attendre qu’on le découvre.
Hier soir, pour Halloween, il suffisait d’aller au 9 de la rue du Castillon pour s’en convaincre. La famille Depreux y avait transformé la façade de sa maison et son jardin en un coin de cauchemar. Du mur éclairé de couleurs lugubres, où des silhouettes semblaient bouger, jusqu’au fond du terrain, tout était pensé pour mettre mal à l’aise : croix de bois plantées de travers, squelettes accrochés un peu partout, fantômes flottant au-dessus des pelouses, fumée rampant jusqu’au trottoir. Des guirlandes couraient sur les structures, les éclairages changeaient de teinte au fil des minutes, et l’on ne savait jamais ce qui se cachait derrière la lueur suivante.
La musique et les bruits ont aussi joué un rôle important. Une bande-son macabre, faite de grincements, de plaintes lointaines et de sons sourds, accompagnait les passants et entretenait l’impression que quelque chose bougeait juste hors de vue. Avec elle, le décor devenait plus inquiétant encore.
Halloween au 9 de la rue du Castillon à Aniche. Photos : MG - 31 octobre 2026.
Ce qui frappait aussi, c’était la façon dont tout cela avait été fabriqué. Les décors reposaient en grande partie sur du matériel de récupération : des palettes devenues barrières bancales ou pierres tombales, des planches clouées en croix, des objets de seconde main qui retrouvaient une utilité dans la mise en scène. Les jeux de lumière faisaient le reste. Un peu de vert, un peu de violet, un nuage de fumée, et un tas de bois recyclé prenait des airs de lieu hanté.
Dans la rue, les passants s’arrêtaient pour regarder cet ensemble digne d’un film d’horreur. Des enfants déguisés, des parents plus ou moins rassurés, quelques curieux venus voir ce que la famille avait encore inventé. Certains s’approchaient du terrain de l’épouvante, d’autres préféraient rester au milieu de la chaussée, à bonne distance.
Les rues d’Aniche n’étaient peut-être pas sûres hier soir, mais personne ne semblait pressé de rentrer.
Texte et photos : MG - 31 octobre 2026.