Philippe Richard, peintures (2)
Les oeuvres récentes de Philippe Richard témoignent d'une nouvelle étape dans son travail de mise en espace de formes schématiques et non
significatives. Outrepassant les données restrictives du tableau-plan, Richard avait déjà exploité les possibilités de la tridimensionnalité. A l'intérieur de ses toiles, la
superposition de couches de peinture et le "processus d'auto-engendrement"1 des motifs généraient à la fois visuellement et matériellement une profondeur certaine, non illusoire.
Cette nécessité d'oeuvrer l'espace et dans l'espace réel l'amène depuis 1996-1997 à peindre sur des volumes en bois.
Avec les paravents, et surtout par le biais d'un support diaphane, Richard prend en compte un vecteur supplémentaire - la transparence - qui accentue la défocalisation des distances et des axes
de perception. Selon le point de vue adopté par le spectateur et selon le degré de déploiement de ces paravents, les disques colorés, serpentines et autres lignes offrent de nouvelles
combinaisons formelles tout en procurant une impression de fragmentation et d'imbrication infinies. Véritables structures compartimentant la structure d'exposition, les paravents de Philippe
Richard donnent un visage complexe et multiple à une peinture apparemment simple. Ainsi, de la mise en espace de formes, l'artiste en arrive à une indéniable mise en forme de l'espace.
1. Karim Ghabbad, Philippe Richard, Le bord du monde n'existe pas, Red District, Marseille, 1999 (p.7).
MG Septembre 1999. Plaquette d'exposition Philippe Richard, Variables atmosphériques, du 16 septembre au 14 octobre 1999, galerie Le Carré,
Lille.
Philippe Richard, Paravent, 1999. Source :
Philippe Richard.Blog de Philippe Richard : philipperichardblog.blogspot.com
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