ANICHE : la toponymie, une manière d’écrire ou d’effacer l’histoire locale
Certains nouveaux toponymes de la Cité de Kopierre ne renvoient ni à un fait historique, ni à un élément du paysage, ni à une réalité patrimoniale identifiable. Tel est le cas du Jardin secret, situé au 8, place Jean-Jaurès et ouvert au public depuis le 1er mars 2025. Cette appellation imaginaire ne fait écho à aucune particularité du lieu. Pourtant, cette aire de jeux pour enfants aurait pu porter un nom rappelant son histoire, comme Parc Boivin ou Jardin Lehuraux. Ces dénominations auraient rendu hommage aux établissements qui se sont succédé à cet emplacement : la cordonnerie de Léon Lehuraux à la fin du XIXᵉ siècle, le magasin de chaussures Au Petit Profit de Lehuraux-Dangleterre durant les premières décennies du XXᵉ siècle, puis l'hôtel-restaurant Au Fin Gourmet de Victor Boivin dans les années 1970 et 1980.
À l'inverse, d’autres aménagements reçoivent une appellation directement inspirée de l'histoire locale. C'est le cas du lotissement récemment construit sur l'ancienne friche du magasin Aldi, au 1, rue de la Gare-Saint-Hyacinthe. Cet ensemble de 57 logements locatifs vient d’être baptisé Le Clos du Moulin par le conseil municipal. Ce nom fait référence à un moulin à vent en bois - le Moulin des Loups - mentionné dès le XVIIIᵉ siècle sur la carte de Cassini, puis sur le cadastre napoléonien de 1823. Les photographies aériennes des années 1950 révèlent qu'à cet endroit s'étendaient ensuite des jardins ouvriers. Le terme "clos", entendu au sens de jardin enclos, prend aussi tout son sens en évoquant la vocation potagère qu'a également connu ce terrain.
Texte : MG - 27 juillet 2026.
/image%2F0990986%2F20260728%2Fob_e01be1_capture-d-ecran-2026-07-28-064714.png)