ABSCON : la cité du Chaufour
La cité du Chaufour (également orthographiée Chauffour ou des Chauffours) est une construction des années 1920, dans le contexte de la reconstruction du bassin minier après 1918. Abscon avait subi les conséquences du premier conflit mondial et les compagnies minières devaient à la fois remettre leurs installations en état et reconstituer leur main-d'œuvre.
Cette période correspond également à une importante immigration polonaise, destinée notamment à compenser les pertes humaines provoquées par la guerre et à répondre aux besoins de l'exploitation charbonnière.
La cité relève de l'organisation du logement de la Compagnie des mines d'Anzin, qui exploitait dans ce secteur les fosses La Pensée (ouverte en 1822), Saint-Mark (1830) et Casimir-Périer (1856). Située à l’extrémité nord-ouest d’Abscon, elle s’étend aussi sur le territoire de Somain.
Doc. 1 : carte postale « Abscon – Cité des Chauffours » datant des années 1920 avec un timbre La Semeuse 25 c sur 30 c émis en 1926. La présence des moutons au premier plan montre qu’en dépit de la construction de la cité, le paysage conserve encore un caractère rural. Doc. 2 : photo de la cité du Chaufour – MG - 10 août 2026.
Le nom de cette cité semble provenir du lieu-dit « le Chaufour » ou « Chauffour », associé à l'activité ancienne de production de chaux — un chaufour désignant un four à chaux. Ce toponyme est cohérent avec la géologie d'Abscon : le sous-sol calcaire et les anciennes carrières de craie ont joué un rôle important dans l'économie locale avant et parallèlement à l'exploitation charbonnière. La Compagnie des mines d'Anzin a d'ailleurs exploité, dès le XVIIIᵉ siècle, une fosse portant le même nom près de Valenciennes, ce qui atteste la fréquence de ce type de toponyme dans le bassin minier.
Le quartier a conservé une identification propre qui existe encore aujourd'hui : la commune possède notamment l’école Julien-Beauvillain sise 29 rue Victor-Hugo, tandis que des documents associatifs mentionnent explicitement « l'école du Chaufour ». « Chaufour » n'est donc pas seulement un ancien nom de cité minière : le toponyme demeure aujourd'hui un élément de l'identité locale.
Les premiers logements miniers d'Abscon, associés notamment aux fosses La Pensée et Saint-Mark, appartenaient à la tradition du coron du XIXᵉ siècle : maisons alignées, répétitives et relativement denses. La cité du Chaufour s'en distingue par une conception différente : maisons individuelles ou semi-individuelles, corps principal complété par un volume transversal dont le pignon, ouvert par une fenêtre, donne directement sur la rue (pignon retourné), jardins ou espaces privatifs devant les habitations, implantation beaucoup moins compacte que celle d'un coron traditionnel. Cette organisation relève d'une conception de l'habitat minier proche de la cité-jardin et du pavillonnaire des années 1920-1930.
Texte : MG – 11 août 2026.
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- L'habitat minier en Nord-Pas-de-Calais - Histoire et évolution 1825-1970.
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