DOUAI : une jeunesse fâchée mais pas facho
Troisième round ce mardi 6 octobre pour le mouvement lancé par les lycéens, les étudiants et l'intersyndicale. Partout en France, grèves et manifestations s'enchaînent contre la casse des conditions d'études, et le gouvernement continue de répondre à côté, quand il répond. Autre fait marquant : jeunes et personnels de l'Éducation nationale ont marché ensemble, ce qui n'avait rien d'évident. Élèves et profs se sont retrouvés dans le même combat, celui de ceux à qui l'on demande de faire tourner l'école avec toujours moins.
À Douai, un millier de personnes environ ont pris la rue. Le cortège s'est étiré le long des boulevards qui ceinturent le centre-ville. Les lycéens en formaient le gros des troupes, rejoints par des enseignants et des militants de la CGT à l'encadrement. Leurs revendications tiennent en trois points : le manque de moyens, Parcoursup, des journées de cours à rallonge. Autrement dit, une école qui trie, qui épuise et qui se serre la ceinture pendant que les choix budgétaires sont faits ailleurs.
Mouvement lycéen à Douai - Photos : MG - 6 octobre 2026.
Les slogans ne laissaient aucune place au doute. « Notre avenir n'est pas une option », « On manque nos leçons pour vous en faire une ! », et cette salve de questions lancée comme une accusation : « Asphyxier leur scolarité ? Mutiler leur avenir ? Gazer leurs rêves ? » Le gouvernement n'était pas nommé, mais c'est bien lui qui était visé.
Dans les rangs, pas de débordement, pas de violence. L'ambiance était calme, presque festive, avec des costumes de super-héros Marvel et DC Comics. Une colère joyeuse, mais bien réelle. Ceux qui voudraient la réduire à de l'agitation de jeunesse en seront pour leurs frais.
La section locale de la CGT a soutenu le mouvement et lui a donné un coup de main logistique pour organiser le cortège lycéen. D'autres forces se sont jointes à la marche : l'intersyndicale de l'enseignement, les Écologistes de Douai, ainsi que les Communistes et les Insoumis du Douaisis.
Pour beaucoup de ces jeunes, cette journée aura été une première fois : celle du militantisme et de la lutte collective. Ils ont compris que ce qu'on ne leur donne pas, il faut aller le chercher dans la rue, et ensemble.
Texte et photos : MG - 6 octobre 2026.