ANICHE : une route qui mène à la Préhistoire
Comme bon nombre de régions peuplées dans le monde, le territoire du Nord a été parcouru pendant des millénaires par des chasseurs qui, à travers les forêts et les marécages, ont ouvert des pistes. Les habitudes les ont conduits sur les mêmes itinéraires jusqu’à créer des sentiers. A partir du Néolithique, ces sentiers, formes primitives de routes réalisées naturellement, ont permis d’entretenir des contacts entre différents groupes sédentarisés. Après la période d’invasions par les quatre grandes tribus d’origine germanique (les Ménapiens au nord-est, les Morins au nord-ouest, les Atrébates au sud-ouest et les Nerviens au sud-est), l’importance des échanges et la concentration d’habitants constituant çà et là des villages ou des villes font naître des chemins, passages plus larges et dégagés.
Devenus éleveurs ou agriculteurs, les hommes recourent désormais aux animaux de trait et de travois rendant alors indispensables l’aménagement des chemins. Dans l’antique cité gauloise des Atrébates, un réseau de routes se tisse déjà. Puis, pour gagner du temps dans leur déplacement sur de longues distances, les légions romaines créent à leur tour des routes stratégiques ponctuées de bornes militaires – colonnes portant une inscription et destinées à marquer les distances -, qui souvent se superposent aux routes gauloises. Nos routes empruntent encore ces tracés rectilignes jadis recouverts de dalles de pierre.
Photos de l'axe Douai-Denain via Aniche : MG, 11 février 2026 ponctuées de vues aériennes datant de 2025 issues de l’Institut national de l’information géographique et forestière.
La route qui, via Douai-Aniche-Denain mène à Bavay – capitale des Nerviens – est ainsi très ancienne. Dès l’époque gauloise, elle partage l’Ostrevant en deux. Au nord, les ruisseaux, les bois et les marécages composent la forêt de Raismes. C’est pourquoi deux villages dans notre secteur portent le nom de « Bruille » signifiant « bois, taillis » : Bruille-lez-Marchiennes et Bruille-Saint-Amand. Au sud de cette route, s’élève un plateau culminant à Erchin à 90 mètres. Aniche se situe donc à l’interface de ces deux régions à la topographie différente. Cette situation géographique résonnera plus tard au travers des noms du quartier de la Verrerie d’En Haut au sud et de l’ancienne rue des Marais (actuelle rue Gaspart), au nord.
Texte : MG - 11 février 2026.
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