Le cimetière du Sud à Aniche : entre mémoire et éternité
En raison de l’accroissement de la population, le cimetière du centre-ville devient, dès le début des années 1920, trop exigu. La municipalité entreprend donc en 1924 la construction du Cimetière du Sud à mi-hauteur de l’actuelle rue Jean-Lutas. Inauguré en 1926, il continue de s’étendre et se compose aujourd’hui d’une partie ancienne, d’une autre plus récente, d’un carré musulman, de columbariums et de cavurnes.
Le cimetière du centre et celui-ci mériteraient d’être mis en valeur au travers, par exemple, d’un affichage d’informations sur les personnalités locales inhumées ou incinérées, de petits textes d’explication sur certains monuments et symboles funéraires. Tout cimetière ne tire-t-il pas son intérêt de sa valeur patrimoniale, architecturale, historique ou paysagère ?
Dans le Cimetière du Sud, on perçoit très vite l’époque de la sépulture. Les monuments funéraires du début du XXe siècle sont des œuvres artistiques montrant l’aisance des familles qui les ont bâtis tandis que ceux d’après 1950 relèvent de la standardisation. Il existe aussi des tombes plus modestes comportant un simple entourage de pierre ou une balustrade de fer.
Le Cimetière du Sud à Aniche - Photos : 21 février 2026.
Des noms de personnages emblématiques de la cité (Joséphine Rostkowska, Alexandre Consil dit Kopierre), de héros de la Résistance (Jules Domisse, Jean Lutas, Robert Verrier, Paul Chantreau, etc.), de victimes de la Guerre de 1870 et des bombardements de 1944, de personnalités politiques (Jean Schmidt, François Longelin, Jean Foulon, Michel Meurdesoif...), artistiques (Georges Hugot), ésotériques, d’ouvriers verriers, de militaires, d’amis, de connaissances et d’enfants racontent plus d’un siècle d’histoire locale, nationale et internationale.
De nombreux symboles permettent de glorifier ces défunts. Ils donnent des indications sur leur vie passée et renvoient souvent à l’immortalité. Couronne mortuaire, colonne brisée, végétaux, anges… : ces éléments sculptés sur les caveaux offrent une balade intemporelle au sud d’une ancienne ville industrielle.
Texte et photos : MG - 21 février 2026.